Témoignages – Septembre 2009

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Tout quitter et aller vers l’inconnu
Par Laura S.

Tout quitter et aller vers l’inconnu à la rencontre d’une culture nouvelle et d’un univers nouveau. Telle est la décision qu’a prise Laura, un matin de février lorsqu’elle décida de plier bagage et d’aller faire une expérience à Foundiougne , une ville de l’ouest du Sénégal située dans la région de Fatick. Son désir de partir vers cette population démunie de tout, apportant avec elle, du matériel scolaire et de se confronter à la réalité d’un environnement autre que le sien a été le moteur de cette démarche.
Après plusieurs jours passés au cœur de ce peuple, côtoyant leur quotidien et partageant leur vécu, Elsa en est sortie grandie de cette expérience et enrichie par ses différentes rencontres car au-delà de ce désir de venir en aide à cette population défavorisée de la ville de Foundiougne , ce fut avant tout, une grande aventure humaine. Et c’est le récit de cette aventure qu’elle nous livre ici à travers cet entretien.

Pourquoi vouloir tout quitter et aller enseigner au Sénégal ?

Je n’ai pas tout quitté, c’était une opportunité que m’a été offerte par l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres). En effet, des échanges internationaux ont été mis en place entre l’IUFM d’Alsace et quelques pays tels que le Sénégal, le Maroc, la Finlande, le Canada et la Russie. J’ai saisi cette occasion pensant que cette expérience allait être très enrichissante à tous les points de vue. J’étais curieuse de voir comment les enseignants préparaient leurs cours et surtout comment ceux-ci procédaient au vue du peu de moyens qu’ils possèdent. Il me semblait intéressant de pouvoir comparer nos démarches pédagogiques et d’échanger nos savoir-faire afin de s’enrichir mutuellement.

Quelles démarches tu as dû faire avant ton départ?

Deux formateurs de l’IUFM se sont chargés de l’organisation de ce séjour et nous ont préparés à ce à quoi nous allions être confrontés. Ils nous ont parlé des conditions dans lesquelles vivaient les hôtes qui allaient nous accueillir afin que nous ne soyons pas trop surpris à notre arrivée. Mais ils n’ont pas voulu trop nous en dire afin que nous puissions nous faire notre propre opinion et que nous découvrions le pays par nous-mêmes. Nous savions que les hôtes qui nous accueillaient étaient tous enseignants et que nous ferions notre stage dans leur classe. Pour la répartition, ce sont eux qui s’en sont chargés.
En ce qui concerne les démarches administratives, il faut veiller à avoir un passeport valable 6 mois après la date de retour pour éviter d’être ennuyé. Pour les vaccinations, la fièvre jaune est indispensable et l’hépatite A et la typhoïde sont conseillés. Le mieux est d’en discuter avec son médecin avant de partir. Il vous recommandera également de prendre un traitement contre le paludisme.

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L’adaptation n’a-t-elle pas été difficile pour une européenne telle que vous ou le confort occidental est complètement absent ?

En ce qui me concerne, l’adaptation n’a pas été trop difficile étant donné que j’avais déjà effectué un voyage au Mali quelques années auparavant ; je savais donc à quoi m’attendre et n’ai pas été trop surprise. Les sénégalais sont dotées d’une grande hospitalité et font en sorte que nous nous sentions au mieux chez eux. Certes, nous sommes loin du confort occidental mais on s’adapte à ce nouveau rythme de vie. On apprend à se satisfaire d’un sceau d’eau pour se laver, ce qui nous fait réfléchir par rapport à notre consommation habituelle!

A quoi a servi le matériel apporté?

Ce matériel a servi à fournir les écoles. Nous sommes venus avec près d’une tonne de matériel. En effet, nous avions tous collecté de notre côté pour apporter un maximum de fournitures pour les classes. Les cahiers et les stylos sont très chers et donc peu accessibles aux familles. Les élèves travaillent essentiellement sur ardoise. Nous avons également apporté du matériel sportif, qui est quasiment inexistant dans les écoles.

A quoi doit s’attendre une personne qui souhaite faire une expérience similaire?

Je pense qu’avant de vouloir se lancer dans ce type d’expérience, il faut bien se documenter sur le pays dans lequel on souhaite aller. En effet, il est important de connaître les conditions de vie de la population afin de ne pas être trop surpris par le manque de confort. Il faut également se renseigner sur les traditions et la façon de vivre afin d’éviter d’être maladroit, voire même de blesser. Pour le reste, il faut prendre le temps d’observer les gens et les laisser vous faire découvrir leur pays…

Que gardes-tu de cette expérience?

Cette expérience m’a beaucoup apporté, à la fois professionnellement que personnellement. Du point de vue professionnel, je retiendrai la richesse des échanges avec les enseignants. Nous avons comparé nos méthodes d’enseignement et partagé des savoir-faire. Mais j’ai surtout réalisé que l’on pouvait très bien enseigner en se contentant de peu de matériel. De retour en France, j’ai appris à davantage utiliser l’ardoise (ce qui, en plus, permet des économies de papier) et à privilégier l’oral dans mes cours.
Cette expérience m’a également fait réfléchir sur moi-même et m’a appris à relativiser. J’ai retenu qu’il fallait apprendre à se satisfaire de ce que l’on a et à être heureux ainsi.

Et s’était à refaire?

Je le referais !

[Interview réalisé par Thierry Dime Bolla]
1 Comments for : Témoignages – Septembre 2009
    • oumar
    • mars 11, 2010

    bsr c’est enrichissant comme experience .moi qui suis enseignant pourrais je avoir la chance de partager mon experience dans une ecole francaise

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