Témoignages – Septembre 2006

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L’Expérience d’un Etudiant Africain en Suisse Italienne
Par Henri Liberman

Henri Liberman On dirait une rupture d’avec le passé. Tout était soudain différent là-bas : « la nature, (du chaud au froid), la société, l’outil linguistique, l’université, les cours »! Bref, l’intégration a été mon morceau dur à croquer. Ce qui a pu avoir une forte influence sur ma personne et même sur mes études. En fait, je suis un ancien étudiant de la faculté de lettres de l’université de Yaounde1 au Cameroun. Je poursuis actuellement mes études en faculté de sciences économiques à l’université de Lugano, ville de la Suisse italienne. Il faut déjà voir le tout premier obstacle que j’ai du affronter dès mon arrivée: « la langue ». J’ai grandi dans une zone dominée par la langue française, et voila que je me surprends dans une région où la langue italienne est incontournable. Ceci a d’ailleurs un grand impact sur mes études comme je l’ai fait remarquer plus haut! Il a fallu du temps et pas mal de temps pour que je m’habitue à cette nouvelle réalité. Il convient tout de même d’ouvrir une parenthèse sur les raisons de ce changement brusque.

« L’Homme prudent voit le mal de loin » dit un proverbe africain, et, lorsque je me suis aperçu que le marché du travail offrait peu d’espace aux hommes de lettres, il a fallu que je trouve une solution avant d’être confronté au problème. J’ai porté mon choix sur les sciences économiques qui, d’après mes observations, augmenteraient mes chances sur le marché du travail. Mon parcours en lettres est loin d’être négligeable car, c’est quatre ans après mon entrée a l’université, que j ai décidé de me jeter dans cette nouvelle aventure intellectuelle. En claire, c’est après la première année de Master que j’ai décidé de tout arrêter et de me plonger dans l’univers économique, ce qui ne s’avère pas facile car je dois faire face à de nombreux défis.

Si au niveau social, l’acceptation ou, si vous préférez, l’intégration semble un peu plus problématique, ce n’est pas du tout le cas au niveau universitaire. J’ai été bien accueilli par la majorité des enseignants et, il faut avouer, que bons nombres de mes camarades se sont donnés la peine de me guider les premiers jours afin de me faire connaître les structures en place et leur usage.

L’université Suisse italienne est semi privée, et on y trouve un grand nombre d’étudiants étrangers. Il n’est pas exagéré de dire qu’on y rencontre les étudiants venant de tous les coins du monde: de l’Afrique (berceau de l’humanité) à l’Asie, de l’Amérique (du sud ou du Nord) à l’Océanie, sans oublier l’Europe toute entière. En un mot, toutes les couleurs de la planète y sont représentées. Le curieux se posera donc des questions sur les rapports entre ces différents représentants du monde entier. Il faut remarquer ici que la solidarité existante est plus forte entre les étudiants étrangers et plus accentuée entre ceux venant du même continent voire du même pays. Les étudiants autochtones, principalement ceux de la Suisse italienne, se sentent mieux entre eux, excluant parfois ou acceptant malgré eux ceux venant de la Suisse allemande ou de la Suisse française. Il est donc également possible de se retrouver seul dans ce milieu cosmopolite.

Le principal élément propice à l’intégration est la langue (l’italien), sans laquelle l’accès social est compromis. Ceux qui s’expriment en anglais peuvent plus ou moins jouir de ce privilège sans passer par cet élément principal, pour autant que leurs camarades soient aptes à les comprendre pour pouvoir leur transmettre leurs messages, et, leur permettre de trouver de nouveaux amis.

En ce qui concerne l’Université elle-même, il faut saluer les efforts fournis par ceux qui la dirigent. La bonne organisation qui la caractérise est bien perceptible. Chacun essaye de donner le meilleur de lui même, ce qui suscite une grande admiration. Je n’oublie pas de mentionner ici la grande collaboration qui existe entre les différentes facultés qui se côtoient au sein de ladite université, entre autre, la faculté des sciences économiques bien entendu, de la communication, de l’informatique (naissante), sans oublier la fameuse faculté de théologie qui, il faut le préciser n’est pas régie par les mêmes normes.
La seule chose qui peut décourager l’étudiant étranger, c’est le prix à payer pour ses études: 8000 CHF par année d’études.

Voila somme toute une présentation squelettique de mon univers universitaire.

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