Chronique du Mois – Septembre 2006

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L’Humain est universel
Par Odilon Mbog

Odilon Mbog

Dans un monde globalisé, les problèmes qui semblent les plus urgents et qui occupent plus les esprits et les intelligences, sont l’économie la sécurité et les problèmes sociaux tels que la santé et l’emploi. Bref les problèmes qui concernent le bien-être. Mais il en est d’autres plus profondément humains qui demandent qu’on s’y penche sérieusement et urgemment. Parmi ces problèmes il y a sans aucun doute l’éducation, dont il faudrait dans toute la mesure du possible, appréhender tous les aspects et toutes les facettes.

En parlant de l’éducation il est bon d’y intégrer l’instruction qui semble s’en éloigner toujours plus et s’y opposer même à certains moments. En effet il n’est pas rare de rencontrer de grands intellectuels, de grands techniciens, de grands experts dans les domaines les plus variés; de vrais têtes pleines, mais qui sont de véritable monstres de manque d’éducation et de vraie culture. Il devient alors impératif d’entreprendre une réflexion sur l’éducation, celle qui fait de chaque homme un homme, celle qui fait de chaque citoyen un citoyen, celle qui fait de chacun aujourd’hui, un homme de ce temps, pleinement de sa propre communauté, pleinement intégré dans le milieu où il vit, et pleinement à l’aise dans la vie du monde de ce millénaire.

De quelque côté qu’on puisse la prendre, l’éducation doit aujourd’hui, se remettre à son rôle, qui est de faire de chaque être humain qui vient au monde, un homme plein, un homme vraiment homme. Pour ce faire, il faudrait peut-être que chaque milieu éducatif se fasse spécialiste dans un contenu éducatif bien précis, et qui emporte les efforts de tous ceux qui participent à ce niveau, ceux qui devraient veiller à tenir l’harmonie entre leur ordre d’éducation et les autres. On pourrait alors revoir la place de la famille, de la communauté, des organisations ou groupes d’intérêts même économiques ou politiques, la place de l’école, de tous les ordres d’enseignement, de la maternelle jusqu’à l’université, et jusqu’aux plus grandes écoles.

Mais bien sûr il est temps que la priorité dans l’éducation revienne vraiment à la formation humaine, à la construction de la personne humaine, pour que les personnes qui vivent dans ce siècle apprennent ou réapprennent à faire la différence entre l’homme et la bête. Que l’on comprenne que certaines maximes restent d’une valeur éternelle. Sous tous les cieux et en tous les temps il restera toujours la grande vérité de celle-ci: L’homme n’est ni ange ni bête. Il y a bien longtemps que les hommes ont renoncé à faire les anges mais il serait aussi temps que les homme se remettent à vivre comme des hommes, et non comme des bêtes. Et ici, l’éducation a une importance et une valeur irremplaçable.Il s’agit d’un domaine de l’éducation dont la famille est la première responsable. Il faut sortir l’enfant qui naît, de la virginité de l’être pour le faire entrer progressivement dans la complexité de la relation avec soi-même et avec l’autre, pour le transformer progressivement en un homme, ou si on veut, en une personne. Il faut commencer à lui incruster des principes, des valeurs, tout ce qui fait qu’il ne soit pas laissé à la merci des réflexes, de l’instinct et de ses pulsions.
Des théories de l’éducations qui n’ont fait aucune preuve essayent de faire croire que tout ce qui est humain est écrit dans les gènes, et qu’il faut aider les sujets à tirer d’eux-mêmes ce qui est le plus profondément eux-mêmes. Dans ce sens l’homme n’aurait rien d’autre à faire qu’à laisser éclater ses tendances et à les imposer au monde et à la société, comme si c’était le monde qui devait s’assimiler et s’adapter à lui. L’éducation doit introduire la personne, plus précisément l’enfant dans la société et dans le monde, qui lui sont antérieurs et qui conditionneront toujours son existence. L’éducation doit l’introduire dans les règles de la vie qui font qu’il soit classé dans ce monde, qu’il soit reconnu pour ce que la nature lui a donné d’être, mais qu’il ne peut être que sous certaines conditions.

La première de ces conditions, c’est que l’homme soit maître de lui-même, maître de ses pulsions, maître de ses envies, maître de tout ce qui en lui n’ai pas conforme à ce qu’il doit être, car, il ne s’agit pas pour lui d’être en naissant, mais d’un devoir être qui doit lui être transmis et inculquer et il n’y a rien, aucune possibilité de se dispenser de cette règle qui n’est écrite nulle part, mais qui existe de la manière la plus absolue et que la nature et tous les éléments du monde réclament de l’humanité de l’homme.
La première instance qu’il faut appeler dans ce devoir d’humanisation de l’homme est la famille: les parents, c’est-à-dire les géniteurs et tous ceux qui autour d’eux, par leur proximité et leur relations aux enfants, doivent les aider à former leur personnalité et à creuser ou plutôt à trouver leur place dans la société, et avec la société, occuper la place qui est celle de l’humanité dans le monde et dans l’univers.
La deuxième instance, ce sont les cultures, les civilisations qui, tout en étant les lieux où subsiste l’humanité dans sa pureté, restent tout aussi le lieu où commencent les diversités qui sont en soi, l’expression que l’humanité, d’un lieu et d’un temps précis, a su ou pu donner à son rapport avec le monde, et qui peut se traduire aussi par un type ou un autre d’organisation sociale, et aussi d’un système de techniques et de valeurs qui distinguent une société de toutes les autres, tout en lui gardant ce qu’il y a de plus humain, et donc de plus universel; car ce qui est vraiment humain, est forcément universel.

Étant donné que le monde est devenu, ou en passe de devenir planétaire, l’éducation va passer certainement plus encore par les moyen de communication. Et il se trouve là un champs immense de l’éducation, car, les risques de dépravation de l’éducation y sont multipliés de façon exponentielle, au vu des innombrables refus d’humanités qui essaient de s’imposer comme la seule et vraie règle du vivre humain.
Le chantier devient immensément grand, et infiniment complexe. Mais, il n’est pas responsable d’abdiquer devant l’ardeur de la tâche, qui demande beaucoup de courage et d’endurance, et pourquoi pas le dire, de ténacité et même d’entêtement pour ne pas se laisser vaincre par la mode du laisser faire et du laisser s’épanouir qui risque de ne laisser s’épanouir que ce qu’il y a de moins humain dans l’être humain.

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